Minjung Kim & Myeonghyun Lee
Sans voix
Milan - Italy
lat.:
45.464270,
long.:
9.189510
About the work
En tant qu’étrangers, où que nous soyons, nous existons toujours sous le regard des autres.
Mais au lieu de nous rendre visibles, ce regard provoque en nous une accumulation de pensées et d’émotions.
Qu’il s’agisse d’un espace public bruyant et saturé de présences, ou d’un intérieur silencieux où l’on se retrouve seul, notre esprit reste traversé, tout au long de la journée, par une multitude de phrases, de souvenirs et de tensions intérieures. Pourtant, ces pensées n’atteignent personne. Elles sont trop discrètes pour être entendues, trop complexes pour être comprises.
Nous tentons alors de les déposer sur le papier, sur les écrans, sous différentes formes de traces et d’écritures.
Il peut s’agir de mots jamais envoyés, d’une colère ou d’une tristesse restées en suspens, ou encore de notes adressées à un futur soi-même.
Écrits dans l’urgence de l’émotion, ces fragments perdent parfois leur sens avec le temps.
Mais une chose demeure incontestable :au cœur de ces traces persiste une solitude.
Cette œuvre met en relation le regard impersonnel et sans réponse d’une caméra de surveillance filmant une place publique en Italie, et les voix intérieures fragmentées d’étrangers incapables de se fondre dans ce paysage. À travers une superposition de couches sonores et visuelles, l’artiste aborde la solitude existentielle liée à la condition d’étranger vivant en terre étrangère,
qu’elle définit comme une voix sans réponse —un flux de paroles continuellement produit, mais jamais retourné.
Le travail explore la manière dont des émotions non exprimées et des traces privées, privées de toute réponse, s’accumulent et subsistent sous le regard public, au sein d’un espace qui observe sans jamais dialoguer.
As foreigners, wherever we are, we inevitably exist under the gaze of others.
Yet rather than granting visibility, this gaze generates within us an accumulation of thoughts and emotions.
Whether we find ourselves in a crowded and noisy public space, or sitting alone in the silence of a private interior, our minds remain constantly unsettled, shaken by countless words, memories, and inner tensions throughout the day. And yet, these thoughts reach no one. They are too quiet to be heard, too complex to be fully understood.
We therefore attempt to inscribe them onto paper and screens, leaving behind various forms of records and traces.
They may be words never sent, unspoken anger or grief, or notes written for a future version of ourselves.
Because they are shaped by the immediacy of emotion, their meaning often fades over time. But one thing remains certain: within these records, solitude endures.
This work juxtaposes the impersonal, non-responsive gaze of a surveillance camera overlooking a public square in Italy
with the fragmented inner voices of foreigners who fail to merge with the surrounding landscape.
Through layered sound and image, the artist examines the existential loneliness experienced by those living abroad,
defining it as a voice without an answer - a continuous production of speech that never receives a response.
The work investigates how unspoken emotions and unanswered personal records persist and accumulate under a public gaze within a space that observes but never engages.
About the artist
Minjung KIM :
L’artiste est celle qui a saisi la lumière de ce monde avant toutes les autres.
Elle poursuit sans cesse la lumière et en capte chaque infime mouvement avec obstination.
À l’image de la lumière, qui se transforme continuellement sans forme définie, la vie que l’artiste poursuit s’écoule elle aussi selon des flux différents chaque jour, à chaque instant.
Elle prévoit prochainement d’installer des œuvres à travers le monde aux côtés des artistes de renommée internationale Olafur Eliasson et Marius Troy.
Au moment où les œuvres de lumière des trois artistes traverseront la Terre et se déploieront, elles susciteront un immense engouement à l’échelle mondiale et seront consignées comme l’un des événements les plus marquants de l’histoire.
Myeonghyun LEE :
Myeonghyun LEE développe une pratique axée sur la gestion des émotions, leur expression, leur compréhension et les possibilités de leur guérison. Les traces émotionnelles issues de son expérience personnelle, les états de confusion, les souvenirs encore non digérés, les questionnements existentiels et le sentiment de solitude constituent les points de départ essentiels de sa recherche. Elle s’intéresse particulièrement à la manière dont des émotions et des états intérieurs invisibles peuvent être traduits en formes visuelles, sonores et sensorielles.
À travers des collaborations avec KIM Sooja, Haegue Yang, Tim Eitel, Anne Veronica Janssens, Romain Bernini et Miriam Cahn, elle élargit et affirme sa présence sur la scène artistique internationale. Son travail a été présenté et récompensé dans plusieurs contextes institutionnels, notamment le Prix de Dessin Pierre David-Weill, le Salon du Dessin et de la Peinture à l’Eau, le Prix Drawing Now et le Grand Prix de Peinture de Carry-le-Rouet. Elle prépare actuellement une exposition au Palais de Tokyo à Paris, prévue pour 2030.
Minjung KIM :
The artist is the one who grasped the light of this world before anyone else.
She relentlessly pursues light, capturing every subtle movement with unwavering determination.
Like light itself—constantly transforming and without a fixed form—the life the artist seeks flows differently each day, at every moment.
She is planning to install works around the world alongside internationally renowned artists Olafur Eliasson and Marius Troy.
At the moment when the light-based works of the three artists traverse the Earth and unfold, they will spark immense global interest and be recorded as one of the most significant events in history.
Myeonghyun LEE :
Myeonghyun LEE develops a practice focused on the management of emotions, their expression, their understanding, and the potential for healing. Emotional traces stemming from personal experience, states of confusion, unresolved memories, existential questioning, and a sense of solitude form the essential starting points of her research. She is particularly interested in exploring how invisible emotions and inner states can be translated into visual, sonic, and sensory forms.
Through collaborations with KIM Sooja, Haegue Yang, Tim Eitel, Anne Veronica Janssens, Romain Bernini, and Miriam Cahn, she has expanded and established her presence on the international art scene.
Her work has been presented and awarded in several institutional contexts, including the Prix de Dessin Pierre David-Weill, the Salon du Dessin et de la Peinture à l’Eau, the Prix Drawing Now, and the Grand Prix de Peinture de Carry-le-Rouet. She is currently preparing an exhibition at the Palais de Tokyo in Paris, scheduled for 2030.